De notre correspondante à Los Angeles LAUREEN ORTIZ
1 nov. 15h38 (mise à jour à 16h50)

Dans la banlieue de Los Angeles, on vote déjà…Obama

Élections américaines
La course à la Maison Blanche...

Au bureau de vote de Norwalk, le seul déjà ouvert du comté de Los Angeles, les électeurs américains se sont déplacés en nombre pour aller déposer leur bulletin dans l’urne. Affiches dans les rues de Los Angeles représentant Barack Obama en Abraham Lincoln, Président qui a aboli l’esclavage aux Etats-Unis.
Affiches dans les rues de Los Angeles représentant Barack Obama en Abraham Lincoln, Président qui a aboli l’esclavage aux Etats-Unis. (REUTERS)
Dans le comté de Los Angeles, Halloween aurait pu s’appeler «Obama day» cette année. Car hier, une recrudescence de participation a été enregistrée au bureau de vote de Norwalk, dans la banlieue est de Los Angeles, seul lieu ouvert au vote pour l’instant dans le comté. Plus de 2500 électeurs ont mis leur bulletin dans l’urne contre «2000 personnes par jour depuis le 25 octobre», selon Dean Logan, qui supervise l’opération.

Si tout «déguisement politique est interdit», précise une responsable, certains sont venus déguisés dans l’esprit de la fête où des enfants frappent à chaque porte pour demander «trick or treat» (des bonbons ou un mauvais sort). Là, c’était plutôt «trick or Obama» (Obama ou un mauvais sort).

Difficile de trouver le moindre partisan de John McCain

Difficile de trouver le moindre partisan de John McCain. Même en se fiant aux apparences. Moustache, chapeau de cow boy et accent prononcé, Louis Hogan, 61 ans, originaire du Texas, est le plus pro-Obama d’entre tous. «Ca fait huit ans que j’ai choisi mon candidat, je ne suis pas indécis !», affirme ce vétéran du Viet Nam. «La bataille, elle est ici: pour l’emploi, le niveau de vie, pas la peine d’aller de l’autre côté de la planète !». «Mon fils doit partir combattre en Afghanistan, moi c’est ici en Amérique que je veux qu’il se batte», renchérit sa compagne, Laura, 45 ans.

Tous deux ont choisi de voter hier car ils ne seront plus «en ville» le jour de l’élection. Pas question pour autant de renoncer à leur voix. «Je suis du côté des travailleurs, poursuit Louis, arborant le T-shirt de son syndicat. Les démocrates sont les seuls à se soucier de ces gens-là, les Républicains font de la politique pour les riches». Un doute sur l’issue du scrutin ? «Aucun, et j’en ai vu des élections!», s’exclame Louis. «Moi aussi, je suis sure qu’Obama va gagner, mais combien de temps durera-t-il ?», tempère Laura, qui s’inquiète d’un assassinat fomenté par des extrémistes.

Beaucoup d’Afro-Américains se déplacent

Beaucoup d’Afro-Américains se déplacent à Norwalk. «Pour éviter la queue de mardi, explique Henry, 50 ans, venu de Marina del Rey, à une trentaine de kilomètres. J’ai suivi toute la campagne depuis les primaires. Maintenant, je sature, j’ai hâte d’en finir». Ce médecin de L.A., qui voyage souvent, compte sur Obama pour réhabiliter l’image de l’Amérique. «Je me souviens d’une époque où l’on n’avait pas aussi mauvaise réputation». A ses yeux, seul un président démocrate peut changer la donne.

Comme pour cette Afro-américaine qui élève seule ses enfants. «Ce n’est pas le fait qu’il soit noir, mais il est le plus capable de renverser le cours des choses». En Californie, l’Etat au poids électoral le plus élevé avec 55 votes, la balance penchera à coup sûr du côté démocrate. «C’est surtout pour les questions locales que je me déplace, notamment pour dire non à l’interdiction du mariage gay», dit Alexender, 22 ans. Parmi un nombre impressionnant de questions sur le bulletin, une douzaine de propositions législatives concernent ainsi le Golden State.